Archives Mensuelles: janvier 2009

J’adore la mode : Christopher Bollen@Vice Magazine

J’ADORE LA MODE

« On ne porte pas les révolutions de ses parents. »

PAR CHRISTOPHER BOLLEN

Dire « J’aime la mode », c’est un peu comme affirmer « J’aime les chiens » ou « J’adore la démocratie ». Ça n’implique pas qu’il faille aimer la démocratie en toute circonstance, quand le mauvais candidat se fait élire, par exemple. Et ce n’est pas parce qu’on aime les chiens qu’on est censé remercier celui qui nous a mordu. La mode a ses côtés glauques : elle est peuplée de gens bidons, ne possède pas assez d’âme pour être considérée comme un art et, oui, elle glorifie la marchandise. La mode, c’est du capitalisme glamour. Et les gens malins ont appris à se méfier du capitalisme, même s’ils passent le plus clair de leur temps à essayer de gagner du fric.

On accuse la mode d’être à l’origine de tous les maux : troubles de l’alimentation, fantasmes de viol, mépris des religions, récupération de la sous-culture, féminisation de l’homme, masculinisation de la femme (pour mémoire, on a fait les mêmes reproches au rock’n’roll). On en a marre d’acheter de l’identité sur commande et on a bien raison. Qu’est-ce qui nous reste ? Devons-nous nous sentir coupables d’aimer des vêtements créés pour nous plaire, notre envie de porter des choses étranges et nouvelles fait-elle de nous des victimes, est-ce que la pub nous a transformés en moutons ? Comme s’il valait mieux porter des combinaisons en pur coton, du moment qu’elles ne sont pas signées Prada, Adam Kimmel ou Ann Demeulemeester.

Au début de ma carrière, j’avais coutume de dire qu’il n’y avait que deux endroits où un drag-queen malaisien pouvait réussir, à New York : dans un cabaret gay asiatique ou chez Visionaire. Je suis toujours du même avis dix ans plus tard. Comme l’art, la mode est l’un des derniers milieux qui accepte les aliens. Je suis content que cette industrie soutienne les bizarreries et le style de vie marginal de ses chefs de file, qu’elle commercialise leur travail et introduise celui-ci, afin de les influencer, dans des milieux qui baignent encore dans de vieux stéréotypes. On ne peut pas en vouloir à des gens parce qu’ils s’amusent avec la seule chose qu’on leur a laissée.

On dit souvent que la mode s’approprie les codes subversifs et les revend comme des produits de masse vides de toute signification—même des couturiers d’avant-garde comme Viktor & Rolf utilisent des épingles à nourrice dans leur collection automne-hiver 2008, récupérant le punk en gommant ses aspérités (même s’ils écrivent

« No » sur le visage de leurs mannequins). Bien sûr que la mode, c’est en partie du business. Il nous faut bien l’admettre : la mode a pour mission d’habiller la population mondiale et de faire gagner de l’argent aux ateliers de confection, boutiques, magazines et annonceurs qui y participent.

Mais la subversion, c’est aussi de la mode. Le mainstream et la sous-culture ont signé un pacte stratégique. La sous-culture se bat contre sa propre récupération ; et quand leurs codes sont vulgarisés, les résistants doivent trouver de nouvelles méthodes de révolte visuelle, plus inattendues et plus choquantes. Si ce jeu entre invention et appropriation ne faisait pas partie du système, les femmes porteraient encore des tabliers et on aurait toujours peur à la vue d’un blouson en cuir. On ne s’habille pas avec les révolutions de nos parents. Croire qu’il y avait une époque où les vêtements signifiaient quelque chose, et que Chanel ou H&M n’auraient jamais dû s’en mêler, relève de la nostalgie. Si on pense comme ça, la mode devient un système personnel où l’on a seulement le choix entre l’acceptation et le refus. La mode est l’une des manières les plus pertinentes—ou délibérément vaines—de montrer ce qu’on est en tant que personne. Ça nous colle au corps, littéralement.

Mais ce ne serait pas un peu creux ? Juste un joli gimmick qui décore un désir vide de sens ? Je le pensais, mais je crois désormais qu’on doit prendre position face au vide. Est-ce que porter un logo nous rend moins fréquentable ? Si c’est le cas, on doit se faire du souci pour notre identité. Tous les créateurs radicaux ne travaillent pas en marge du système. Oui, il y a plein de nouveaux couturiers révolutionnaires qui font de la pub, gagnent de l’argent et vendent leurs fringues au troisième étage de Barney’s, tout en ayant une vision artistique. Même les plus élitistes doivent reconnaître que le vrai changement (ça veut dire quoi, aujourd’hui ?) sera plus efficace s’il est tourné vers le monde. La mode, c’est de l’art ? Il est plus intéressant de se demander si l’art n’est pas devenu de la mode. C’est encore un tabou.

Le milieu de l’art rejette systématiquement toute comparaison avec la mode : ce serait admettre qu’il est à la botte du marché. Qu’est-ce qui est le plus douteux : faire de l’art en ayant pleine conscience qu’on va le vendre et que ça fait partie d’un système économique, ou prétendre qu’on fait un geste libertaire contre le système alors qu’on s’en met plein les poches avec son art ou sa galerie ? Je suis assez admiratif devant l’honnêteté du milieu de la mode. On y admet platement que le marché a une grande importance. L’art pourrait suivre l’exemple.

Finalement, le gros défaut de la mode, c’est qu’elle fétichise le changement permanent. Sa qualité, c’est que si elle nous impose de nous promener avec des boules de tissu en guise de chaussures, ceux qui souhaitent tenter leur chance pourront toujours essayer de les détourner et de s’en servir pour créer des banderoles revendicatives. Même haïr la mode revient à reconnaître son influence, et tout ce qui a de l’influence peut être utilisé, approprié et redirigé. Et le meilleur moyen de ne pas devenir un esclave de la mode, c’est d’accepter son potentiel. Les esclaves n’embrassent pas leurs maîtres. Le refus n’est pas la révolution. Essayez.

Christopher Bollen était rédacteur en chef de V magazine et de VMAN et rédacteur en chef adjoint chez Visionaire. Oh, il vient juste de nous dire qu’il va remplacer Ingrid Sischy au poste de rédacteur en chef du magazine Interview.

VICE ICI

water colours

Kim Keever, Forest 64, 2007Kim Keever, Acid Rain, 2002Kim Keever, Palm 39b, 2005Kim Keever, Turtle Skull Rock 2001Kim Keever, Nightfall 2005Kim Keever, River Keeper, 2003Kim Keever, Estuary 12, 2006Kim Keever, Ocean 28, 2006 Kim Keever, Palm 12, 2005Kim Keever, Palm 41 2005Non, ce ne sont pas des toiles cachées de Constable. L’américain Kim Keever compose des maquettes dans un aquarium de 200 litres, qu’il remplit ensuite d’eau, avant d’y verser des pigments et de jouer avec des lumières colorées. Le résultat laisse rêveur. Sceptiques? Venez voir.

persistance rétinienne

Harm Van Den Dorpel, Saturation transition, 2009

Michael Tolmachev, The Metaphorical approach

J’aime bien me projeter dans les images. Ici, j’imagine la clarté d’un sous-bois, là, des étendues d’herbes qui dansent autour des jambes. Mais aussi et surtout le double jeu des images. Et toi tu penses à quoi?

Iheartphotograph

A Postcard to Henry Purcell – Dario Marinelli

portes ouvertes – essai pour un a3 papier

édition perso Portes Ouvertes DSAA - Juliette Testeédition perso Portes Ouvertes DSAA - Juliette TesteBeat it – Michael Jackson

Uh Huh Her

Nicholas Kirkwood, AW 08/09Nicholas Kirkwood, AW 08/09Nicholas Kirkwood, AW 08/09Ce qu’il y a d’intéressant dans les souliers, c’est la façon dont ils modifient le corps, la silhouette, les proportions, la démarche, le jeu de l’équilibre : mouvement perpétuel.

Metallica – I Disappear

come rain or come shine

 Yvonne Todd  - PIPE STUDY (DETAIL) Yvonne Todd -  PIPE STUDY FACE PROTOTYPE lightjet print, 20 x 20 cm Yvonne Todd a sans doute trop regardé Amour Gloire et Beauté : ses mannequins figés, caricature de bourgeoisie brushing-manucure beige, sont durs et froids. Elle aime aussi les chaussures orthopédiques et probablement les asiles d’aliénés. Et quand elle fait pleurer ses figures, elles pleurent des rivières de strass. On atteint des summums de décoratif, et j’aime ce trop-plein.

Merci à Iheartphotograph, encore.

Lorelei – Ella Fitzgerald

nature is ancient

DangerLien à voir absolument, ici. Merci à la page Facebook de Martin Bricelj!

Graphisme Danger : son Myspace.

The Cure – The Lovecats

Si on dansait?

Tal Hadad, original print, tous droits réservés.Tal Hadad, original print, tous droits réservés.Tal Hadad, original print, tous droits réservés.L’univers de la tecno-brega, un terme qu’on pourrait traduire par techno-kitsch, est originaire du Nord du Brésil et en particulier de la région de Para. L’une des particularités des DJ’s de Para, est la construction d’"aparelhagens" (equipement/soundsystem), c’est-à-dire des cabines de DJ entièrement "tunées", des grandes structures en bois et métal laquées théâtralisant la fonction du DJ vis-à-vis de son public.
Tal Hadad définit avec Global heart me (sa structure de production)
une conception innovatrice de création et de diffusion musicale ou les
musiques et les tendances communes aux villes-mondes constituent le territoire d’expérimentation, d’élaboration d’événements et d’expositions, allant au-delà des pratiques musicales pour rejoindre
le champ des arts visuels et vivants.

T. Hadad

Global heart me

Long-courrier.

Svalbard, Arctic Circle Svalbard, Arctic Circle EHRA Base Camp, Namibia The Blue Lagoon, Grindavik, IcelandVerbier, Swiss AlpsGuatemala City, GuatemalaParshall, Colorado Aleppo, SyriaJulian Alps, SloveniaLake Bled, SloveniaSvalbard, Arctic Circle Lottie Davies, série Places, via Zoum Zoum.

Sébastien Tellier – Roche (Breakbot remix)

make up, make up, make up your mind…

Vidéo assez jolie… Les moins de 18 ans, ne cliquez pas, merci.

Extrait de "Make up your mind", vidéo de Nick Knight, manteau Maison Martin Margiela

Ma robe couleur du temps.

Renate Aller,  ‘Seascapes – One Location 1999 to present’

Tree Hugger

FOSSILSFOSSILSFOSSILSFOSSILSFOSSILSFOSSILSFOSSILSJe ne sais pas d’où vient mon amour irrationnel pour les arbres et les plantes. Des cabanes que je construisais petite? Des promenades du week-end dans les sentiers tapissés d’aiguilles de pin qui font le pas élastique? Des forêts de pins verts-bleus, très hauts, très droits, très denses? De l’odeur qui monte de la terre et des feuilles après la pluie? De l’impression d’être dans un autre monde au beau milieu des bois, des contes? Je suis toujours émue par la forêt.

Jason Frank Rothenberg@werkstättegallery

Jason Frank Rothenberg

Metronomy – A thing for me ( Breakbot remix)

La fille de verre

Erika Somogyi, Rock In The Sea, 2005, 22" x 30"Erika Somogyi, Still Life Carries On, 2005, 42" x 36"Erika Somogyi, Float Aimless Drifters, 15"x22" 2006Erika Somogyi, Divining Light, 2005, 30" x 36"Erika Somogyi, Untitled (misty forests), each 11" x 14", 2007Si j’imagine la vie d’Erika Somogyi, je me plais à croire qu’elle habite dans une tour d’ivoire, dont elle ne sort que furtivement, pour impressionner sa rétine, et garder en mémoire les paysages colorés et rêveurs dont elle remplit le papier, délicatement, ensuite.Erika Somogyi, Light Eyes (left and right), each 11" x 14", 2007

Hot Chip – Tchaparian

Focus : Arnaud Loumeau

Arnaud Loumeau, Golana, 2008, Tous droits réservés.Flick’r

Blog

SuperStructure

James Whipple, de la série Female Armor James Whipple fait aussi de la musique.

Noli me tangere

Gareth Pugh pour T Magazine, photo JB MondinoGareth Pugh pour T Magazine, photo JB MondinoGareth Pugh pour T Magazine, photo JB Mondino

Les femmes de Gareth Pugh sont des images. Flamand, Medicis, fraise, grand jupon, cuirasse articulée, armure d’apparat, on rêve.

T Magazine
New Order – Perfect Kiss

Les Belles Lettres.

Si Scott pour le magazine MixteSi Scott, Ai Records 5th Bday poster (unused)

Si Scott, Ai Records 5th Bday Poster (unused)

Le site de Si Scott ici.

Rick Astley – Never Gonna Give You Up

Les contrées sauvages de ma tête

View of Volta Del Canal in Palazzo Room Painted With Jungle Motif, Venice, Italy , 2008View of Central Park Looking North-Summer, 2008View of Central Park Looking North-Fall, 2008Abelardo Morell invente des espaces qui n’existent pas. Il construit à un jeu à plusieurs : lui, maître de cérémonie, l’espace tangible, le nouvel ordre projeté, l’oeil du spectateur, et le dialogue qui s’instaure. Il faut regarder encore : le vert des feuilles se fond dans l’eau du canal. Voyageur immobile, il est partout chez lui. Et on a envie de le suivre.

Love comes quickly – The Pet Shop Boys

Hey, you, get off my cloud

De l’atmosphère, des espaces modifiés subitement par des sculptures de fumée, une fusée qui décolle, c’est romantique! Pour moi, un paysage d’un genre nouveau.Sean Higgins, série Apocrypha, Drive-inSean Higgins, série Apocrypha, In on the SecretSean Higgins, série Apocrypha, DamashiiSean Higgins, série Apocrypha, Star GapSean Higgins, série Apocrypha, Pillars

bête à cornes

sweater Sibling@fashion156